Camellia sinensis (théier)
Le thé est la principale boisson non alcoolique au monde. On en récolte chaque année plus de trois millions de tonnes.
Informations techniques
- Nom scientifique: Camellia sinensis (L.) Kuntze
- Nom(s) commun(s): théier, tea (anglais), cha, chai (hindi), thayilai (tamil).
- Etat de conservation: Il n’est pas certain qu’une plante vraiment ''sauvage'' existe encore.
- Habitat: Forestier.
- Principales utilisations: Boisson très consommée ayant donné naissance à diverses conventions sociales dans différentes parties du monde (comme la cérémonie du thé au Japon et la pause-thé britannique). Utilisé aussi en médecine comme stimulant.
- Risques connus: Le thé contient caféine, théophylline et aminophylline, dont la consommation en grande quantité peut avoir des effets secondaires indésirables.
Classification
- Classe: Equisetopsida
- Sous-classe: Magnoliidae
- Super ordre: Asteranae
- Ordre: Ericales
- Famille: Theaceae
- Genre: Camellia
À propos de l'espèce
Le théier est un buisson cultivé dont les feuilles servent à préparer une boisson chaude. Apprécié pour ses propriétés stimulantes et bienfaisantes, il est au centre de rites sociaux tels que la cérémonie du thé japonaise et la pause-thé britannique. On en connaît deux variétés : Camellia sinensis var. sinensis (thé de Chine) et C. sinensis var. assamica (thé d’Assam, thé d’Inde). On a longtemps cru que les thés noirs et verts provenaient de plantes différentes : ils sont en fait issus de la même espèce, mais le thé noir est fermenté.
La surproduction de ces dernières années a fait chuter le prix du thé et la rémunération des ouvriers agricoles. Les producteurs des réseaux de commerce équitable paient aux fournisseurs un prix plus élevé, d’où l’amélioration des salaires. Aujourd’hui les consommateurs s’orientent vers l’acquisition des produits 'Fair Trade' (commerce equitable).
Géographie et distribution
L’origine du théier n’est pas claire. Camellia sinensis var. sinensis est sans doute natif du Yunnan occidental, tandis que C. sinensis var. assamica provient des régions les plus chaudes d’Assam (Inde), Myanmar, Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam et sud de la Chine. On trouve des plants de théier « sauvage » dans certaines forêts mais ce sont peut-être des reliques d’une culture antérieure.
Description
Camellia sinensis var. sinensis est plus résistant que le théier d’Assam et porte des feuilles assez petites, étroites. Elles servent à produire le thé vert et le thé noir de Chine. C. sinensis var. assamica pousse beaucoup plus haut à l’état naturel qu’en culture et peut se développer en arbre ramifié atteignant environ 17 m. C’est une variété moins robuste à feuilles plus grandes, un peu tombantes, coriaces, utilisées pour faire le thé noir d’Assam (Inde).
Menaces et conservation
La survie d’une plante vraiment “sauvage” de Camellia sinensis n’est pas certaine.
Camellia sinensis a été considéré comme espèce nuisible et envahissante dans une réserve naturelle de Tanzanie. D’après certains rapports, il se répandrait aussi dans les forêts de Madagascar où il pourrait avoir des effets préjudiciables sur la régénération des forêts natives, habitat important pour les lémuriens.
Utilisations
En Chine, le thé est utilisé comme infusion médicinale, comme chique et comme condiment fermenté (lahpet en birman) depuis plus de 4 000 ans. D'après des textes de la dynastie T’ang, en l’an 650, le thé était cultivé dans la plupart des provinces de Chine et son utilisation était bien établie. Au Japon, le thé a été introduit vers l’an 600 par des prêtres bouddhistes revenant de Chine après y avoir étudié. Aux 8e et 9e siècles, son usage était très répandu à la cour et dans les monastères ; une culture du thé s’est alors développée. À partir de 1330, toutes les classes sociales japonaises buvaient du thé. Certains pensent que le thé s’est répandu si vite et si facilement dans de nombreuses cultures différentes en raison de la manière dont on le sert – sa préparation permet l’interaction sociale et le développement de cérémonies compliquées. Au début du 19e siècle, à l’apogée de l’East India Company, la Grande-Bretagne consommait 9 millions de tasses de thé par an. Aujourd’hui, la Grande-Bretagne seule en consomme 165 millions de tasses par jour, ce qui représente 62 milliards de tasses par an. La production annuelle dépasse 3 millions de tonnes, l’Inde venant au premier rang avec près de 30% du total mondial.
En Chine, l’histoire des effets médicinaux du thé remonte à près de 5 000 ans. Son usage dans la médecine traditionnelle est bien documenté et suggère qu’il pourrait soigner plus de 200 maladies. Le thé n’est pas un médicament important dans les traditions principales de l’Asie méridionale. Il a surtout été utilisé comme stimulant, comme lotion astringente, en gargarisme ou injection, pour certains problèmes digestifs et pour réduire la sudation en cas de fièvre. Au Tamil Nadu, les feuilles de thé sont utilisées homéopathiquement contre l’obsession, la paralysie, la nervosité, la névralgie et l’insomnie. Les effets stimulants du thé sont dus aux xanthines comme la caféine. La caféine est intégrée à faible dose dans certains médicaments en vente libre pour son effet stimulant, et souvent combinée avec des analgésiques comme l’aspirine. Une infusion de feuilles de thé était autrefois utilisée comme remède contre les piqûres d’insectes.
Trop de thé ?
L’absorption excessive de caféine peut provoquer migraines et anxiété. La consommation régulière de grandes quantités de caféine, d’aminophylline ou de théophylline par les mères allaitantes peut provoquer irritabilité et troubles du sommeil chez le bébé. Boire de grandes quantités de théophylline et d’aminophylline peut engendrer de nombreux effets secondaires, y compris des problèmes cardiaques tels que palpitations, des nausées, l’insomnie et des convulsions. Les effets toxiques ont plus de risques d’apparaître quand la théophylline et l’aminophylline sont consommées à fortes doses ou avec certains autres médicaments. Il pourrait y avoir un lien entre le cancer de l’œsophage et la consommation excessive de thé entraînant une forte absorption de composés tanniques condensés. Boire du thé peut avoir des effets diurétiques, dus surtout à la caféine ; le thé peut aussi entraver l’absorption du fer par l’intestin.
Composés actifs du thé
Les propriétés médicinales du thé suscitent un grand intérêt depuis une décennie. Le thé contient de la théophylline utilisée dans un médicament sous licence pour le traitement des maladies respiratoires comme l’asthme. Le thé contient aussi des flavonoïdes, composés connus pour leurs propriétés antioxydantes et qui peuvent être bénéfiques pour la santé, par exemple dans la prévention des maladies cardiaques et du cancer. On attribue aussi aux flavonoïdes du thé des propriétés de réduction de l’inflammation et des effets antimicrobiens. Certaines études suggèrent que le thé peut contribuer à prévenir la carie dentaire. On l’utilise également dans certains produits cosmétiques pour son effet astringent. La composition chimique du thé peut varier selon divers facteurs tels que les conditions de culture de la plante et de traitement des feuilles.
Stockage de semences
Le Partenariat de la Banque de semences Millennium (MSB) de Kew a pour but de sauver la vie végétale du monde, en se concentrant sur les plantes menacées et sur celles qui seront les plus utilisées dans l’avenir. Les semences sont séchées, emballées et stockées à température inférieure à zéro dans les réserves de notre graineterie.
Description des semences: poids moyen de 1 000 semences = 1 515,1 g
Nombre de collections de semences stockées dans la Banque de semences Millennium: deux.
Comportement des semences en stockage: intermédiaire ? Un stockage humide a été recommandé.
Culture
La culture du thé à Kew se fait à partir de semences aussi bien que de jeunes plants. Les buissons de théier qui poussent en plein air dans le Jardin forestier chinois, plantés en 1992, sont robustes et ont survécu à la neige et à des températures hivernales de -8°C. L’application de paillis autour des buissons encourage une croissance saine et ils reçoivent au printemps un fertilisant à libération contrôlée. Leur sol de culture a un pH bas, ce qui convient au théier, lequel demande un sol acide. Les buissons sont arrosés pendant les longues périodes de sécheresse. Ces plantes à croissance lente produisent des fleurs blanches à l’automne.
L'espèce à Kew
On peut voir un buisson de thé dans la Serre tempérée et d’autres dans le Jardin forestier chinois, près de la Passerelle sommitale Xstrata .
On trouve 68 spécimens de Camellia sinensis dans la Collection d'artefacts botaniques, l’un des secteurs privés de Kew. On peut en connaître les détails par le Centre électronique d'information botanique ePIC. Des spécimens séchés de C. sinensis se trouvent aussi dans l’Herbarium de Kew.
Références et crédits
Rédacteur scientifique Kew: Michiel van Slageren
Contributions Kew: Mark Nesbitt, Tony Hall
Réviseur: Emma Tredwell
Kew tient à remercier pour sa contribution: Helen Sanderson